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Sommaire
historique
Le site de l'église
l'Annonciation à Oka est
historiquement relié à la première mission
amérindienne établie par les Sulpiciens à Montréal. En 1671, ces derniers fondaient une première mission
au pied du Mont-Royal. Elle fut déménagée entre 1696
et 1704 au Sault-au-Récollet afin d'éloigner les
amérindiens de la ville naissante. Le peuplement
progressif du secteur près de la rivière des
Prairies par des colons français amène un second
déménagement de la mission plus au nord, aux abords
du lac des Deux-Montagnes. C'est d'ailleurs en 1718
que les Sulpiciens obtiennent du roi de France la
concession de la seigneurie des Deux-Montagnes qui
correspond aux territoires actuels des paroisses
d'Oka, de Saint-Placide, de Saint-Benoît,
Sainte-Scholastique, Saint-Canut, Saint-Colomban et
Sainte-Monique. En ce sens, l'Annonciation d'Oka
constitue une des plus anciennes fondations dans ce
secteur. L'église de l'Annonciation prend aussi une
importance symbolique supplémentaire lorsque l'on
considère qu'elle abrite des œuvres qui faisaient
autrefois partie du calvaire d'Oka, classé site
historique par le gouvernement du Québec depuis
1982. D'abord conçu comme lieu de conversion des
Amérindiens puis devenu lieu de pèlerinage
historique d'importance majeur pour l'histoire
régionale, ce site remonterait à 1750 et le
sulpicien Hamon Le Guen constituerait l'instigateur
de sa mise sur pieds.
La première chapelle à Oka aurait été érigée en 1720
sur un site se trouvant à un peu plus d'un kilomètre
à l'est de l'église actuelle, près de l'embouchure
de la rivière aux Serpents. On appela d'abord le
lieu Mission sulpicienne des Deux-Montagnes, mais on
lui donna rapidement le nom de Notre-Dame de
Lorette. Mohawks, Algonquins et Nipissingues du
secteur sont alors forcés à se regrouper dans cette
nouvelle mission. Une nouvelle église de pierres
aurait été construite en 1732 sur l'emplacement de
l'église actuelle et une palissade rapidement érigée
afin de répondre à la demande des autorités
métropolitaines qui désiraient faire du lieu une
place forte dans la stratégie de défense du
territoire. La première église mesurait 96 pieds par
42 et servait à une population d'origine française
et amérindienne. L'interprétation de de Pagès
diffère un peu: selon cet auteur, la première
chapelle de bois aurait été déménagée du
Sault-au-Récollet pour être établie sur un site à
Oka près de la rivière aux Serpents. Le bâtiment
aurait par la suite été déménagé sur le site actuel
sur la pointe en bordure du lac des Deux-Montagnes,
puis recouvert de pierres en 1732. Nous n'avons pu
vérifier l'exactitude de ces informations.
Le 14 novembre 1874, la mission est érigée
canoniquement et est placée sous le vocable de
l'Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie. «En
1957, la paroisse, qui a été jusque-là une paroisse
sulpicienne, fut versée au diocèse de Saint-Jérôme
fondé quelques années auparavant (1951). L'église a
été vendue au diocèse en 1960 et devint alors
propriété de l'évêque diocésain.»
Au XIXe siècle, des troubles surviennent entre les
différentes communautés, les Mohawks s'étant
historiquement alliés aux Britanniques alors que les
Algonquins avaient plutôt pris le côté des Français. L'église, le presbytère et les dépendances d'Oka
sont incendiés le 15 juin 1877. L'église actuelle
est réalisée entre 1879 et 1883 selon les plans des
architectes Perrault et Mesnard. Le clocher ne sera
complété qu'en 1907.
Observations
générales
Extérieur
Le lieu de culte apparaît précurseur dans l'œuvre
commune des architectes Perrault et Mesnard
puisqu'il survient tôt dans l'association des deux
hommes. La composition de la façade aurait
d'ailleurs été reprise à quelques occasions dans la
couronne nord de Montréal dans les années qui ont
suivi sa construction (Saint-Lin, Sainte-Thérèse-d'Avila, Saint-Charles-Borromée à
Joliette). L'utilisation de puits de lumière sur
les versants du toit constitue un élément original
et unique dans le corpus. L'astuce des architectes
consistait à éclairer par leur biais des rosaces qui
donnent l'impression de constituer des fenêtres
hautes de l'intérieur. La composition du bâtiment
est homogène et montre une utilisation judicieuse du
contraste entre la pierre locale rosâtre et une
pierre de taille plus pâle utilisée aux angles et
pour les détails architecturaux, caractéristique du
courant de l'éclectisme qui s'amorce à cette époque. La chapelle ajoutée entre 1907 et 1909 et qui aurait
été érigée selon un dessin d'Arthur Guindon est très
bien intégrée au reste du bâtiment puisqu'elle a été
réalisée avec les mêmes matériaux et amène une
symétrie nouvelle au bâtiment qui ne comportait à
l'origine qu'une sacristie du côté est du bâtiment. Le clocher dont la conception du plan est tantôt
attribuée à J. Omer Marchand, tantôt à Perrault et Venne a été construit en 1907 par les entrepreneurs
Paquet et Godbout de Saint-Hyacinthe en remplacement
de la petite structure de bois d'origine.
Intérieur
Le nom Beaulieu serait mentionné au livre de caisse
relativement à la réalisation du premier décor. Les
rosaces «... ne reçoivent pas la lumière directe du
soleil; c'est par le truchement de puits de lumière
installés sur le toit et vis-à-vis des rosaces que
celles-ci sont éclairées durant le jour». Des
modifications au décor intérieur d'origine sont
apportées au XXe siècle: un orgue Casavant, opus
numéro 113 est installé en 1900 et une soufflerie
électrique rajoutée en 1926. En 1932, la nef est redécorée par Guido Nincheri qui ne conserve de
l'ancien décor qu'une bande comportant des prophètes
tenant des parchemins qui encadre une nouvelle toile
de l'Annonciation réalisée par Sœur
Jérôme-de-la-Croix remplaçant un tableau de Nicolas
Lefebvre qui datait de 1736. Les bancs de bois
polychromes seraient probablement d'origine mais une
rangée qui prenait place dans l'allée centrale a été
retirée à une date inconnue au cours du XXe siècle.
Les stalles, la balustrade ainsi que la chaire
auraient été retirées du décor probablement lors de
réaménagements dans la foulée du renouveau
liturgique de Vatican II. L'auteur de Pagès
mentionne également que la tribune arrière aurait
été modifiée à une date inconnue par un allongement
qui permit à cette structure de rejoindre de part et
d'autre les murs latéraux. Les tableaux de Nicolas
Lefebvre auraient probablement fait partie du décor
intérieur d'origine alors que les bas-reliefs de
François Guernon dit Belleville ont été rapatriés du
Calvaire vers la chapelle de l'église vers 1970. La
Madone à l'Enfant en argent qui trônait sous une
cloche de verre dans la chapelle se trouve
maintenant au musée des Sulpiciens à Montréal. Une
importante bannière historique brodée restaurée en
1991 se trouve également dans la chapelle ainsi que
plusieurs pièces d'orfèvrerie de qualité datant du
XVIIIe siècle. La bannière a été prêtée au Musée des Beaux-Arts de Montréal pour figurer dans une
exposition prochaine visant à retracer les 350 ans
de présence des Sulpiciens à Montréal.
Avec l'aimable
autorisation de la
Fondation du Patrimoine religieux du Québec
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