Le
patrimoine religieux catholique romain est un héritage,
marqué par la foi chrétienne et par un souci
d'évangélisation. Les biens patrimoniaux religieux ont
été construits ou acquis pour les fins de la mission de
l'Église. Les personnes qui ont souscrit financièrement
ou autrement dans l'aménagement du patrimoine religieux
ont toujours été conscientes qu'elles n'avaient pas pour
autant un droit de propriété sur ces biens
ecclésiastiques. Les dons et le temps donné le furent
dans cet esprit d'évangélisation et de poursuite de la
mission de l'Église.
Il est évident que le patrimoine
religieux constitue une richesse pour l'ensemble de la
société québécoise et possède une valeur culturelle pour
toute la collectivité. Toutefois, même si ce patrimoine
est collectif, la propriété de ces biens demeure privée,
appartenant à des propriétaires bien identifiés que ce
soit les fabriques de paroisses ou les congrégations
religieuses. En somme, il s'agit de distinguer le
patrimoine collectif de la propriété collective.
La valeur patrimoniale de ces biens
est immense, quoique difficile à évaluer. Il importe de
s'assurer qu'ils soient conservés adéquatement et
favoriser leur mise en valeur par diverses activités
religieuses et culturelles. Dans le processus de
sélection des biens à caractère religieux à être
préservés, nous estimons que trois critères devraient
être retenus dans l'ordre prioritaire suivant :
Dans le but de protéger la dimension
sacrale de ces biens religieux, nous proposons de mettre
de l'avant quatre types de projets : Inventaire des
lieux de culte qui tienne compte des critères
mentionnés, afin de discerner avec justesse les
immeubles qui font partie du patrimoine religieux.
Activités d'évangélisation dans les immeubles
paroissiaux, favorisant la diversité des activités
d'évangélisation, de fraternité, de charité et de
célébration. Réflexion sur l'avenir des églises
paroissiales excédentaires dont l'Église devrait se
départir et qui n'ont pas ou peu de valeur patrimoniale.
Initiatives pour
améliorer l'état des archives diocésaines et
paroissiales.
Pour réaliser ces projets, il serait
bon d'établir un partage de responsabilités qui devrait
être assuré par un organisme québécois du patrimoine
pour consolider et promouvoir les liens entre tous les
intervenants dans le domaine du patrimoine religieux; il
regrouperait des représentants des Églises, des
traditions religieuses et de l'État. Cet organisme
aurait une mission d'accompagnement et de formation des
personnes localement responsables et des institutions
propriétaires des biens patrimoniaux.
Évidemment, un financement
partagé sera nécessaire. L'apport financier de l'État
pourrait être amplifié aux niveaux provincial et
municipal. Bien entendu, les dons directs de la part des
populations concernées demeurent indispensables. Le
lien gouvernemental devrait être amplifié de manière
à harmoniser ses politiques, ses règlements et ses
programmes. Enfin, si des changements législatifs et
règlementaires ne sont pas immédiatement opportuns,
des engagements contractuels, semblables à ceux des
diocèses de Québec en 1999 et de Montréal en 2001,
pourraient être faits par les autres évêques catholiques
romains du Québec.
Pour conclure, dans la continuité
avec le rapport synthèse de la Commission des biens
culturels du Québec du 28 juillet 2000, nous en
rappelons les « quatre idées essentielles »:
- la reconnaissance publique de la valeur
patrimoniale;
- le respect des droits des propriétaires des
biens patrimoniaux;
- le rôle actif de ces propriétaires dans la
reconnaissance, la préservation et la mise en valeur
du patrimoine;
- l'intervention de l'ensemble des citoyens dans
le processus de reconnaissance du patrimoine.
En participant à la consultation sur
le patrimoine religieux du Québec, nous vous assurons de
notre intérêt à participer à la réalisation des
décisions qui en ressortiront. Bien que nos institutions
ecclésiales, fondées et entretenues grâce à des
personnes bienfaitrices et donatrices connaissent de
nouvelles réalités, nous voulons collaborer à la
préservation, à la revalorisation et à l'avenir du
patrimoine religieux du Québec.
Le 31 août 2005