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Sommaire
historique
La paroisse a été érigée en
1787. La même année est construit un presbytère qui
servit de chapelle jusqu'en 1805, alors qu'on
achevait la construction de la première église. On
dit que la plupart des colons provenaient de
Sainte-Anne-de-Beaupré, tout comme le curé du temps,
d'où la prédilection pour une dévotion à
Sainte-Anne. L'église de pierres des champs devenue
trop petite est détruite pour faire place au lieu de
culte actuel en 1899.
Sainte-Anne-des-Plaines, comme son nom l'indique, se
trouve dans les plaines du Saint-Laurent, au nord de
Montréal, non loin des Laurentides. Au centre d'une
vaste plaine, faisant face au soleil levant, rue
Principale, un groupe de bâtiments institutionnels
crée un véritable impact visuel sur le paysage
environnant. La volumétrie monumentale de ces
édifices sont d'une grande qualité architecturale.
Leur disposition est justifiée par le rôle que
jouait socialement ces derniers. L'église est située
sur un promontoire naturel entouré d'un presbytère
(Perrault & Mesnard, 1886), d'un ancien couvent que
les Sœurs de Sainte-Anne utilisèrent de 1882 à 1972
et d'un cimetière où se trouve une chapelle, un
charnier et plusieurs monuments.
Joseph Venne conçoit les devis du lieu en tenant
compte des normes sur l'orientation des églises. Il
réalise aussi les plans du maître-autel, des autels
latéraux, de la chaire, des confessionnaux, du
vestiaire et de l'armoire chapier.
On peut lire dans un document de «La requête au don
pour l'élévation d'un temple», en 1899, qu'on
espérait attirer à Sainte-Anne-des-Plaines, les
pèlerins qui ne pouvaient se rendre à
Sainte-Anne-de-Beaupré. «Cette église de
Sainte-Anne a été bâtie en prévision d'en faire un
lieu de pèlerinage de facile accès, pour les
paroisses du nord. Elle peut contenir 2 000
personnes» (L'Avenir du Nord, 20
septembre 1900).
Observations
générales
Extérieur
«La Renaissance Allemande
qui a été tant admirée tout récemment à l'Exposition de
1900, à cause de la surabondance de la libre allure de
ses détails a été choisi comme style. (...) Ce style lui
a fourni des ressources par ses détails gras et
abondants, ses crochets, ses écussons sculptés aux armes
du pape régnant et de l'archevêque du diocèse ses
plaques commémoratives rappelant la fondation de la
paroisse et l'érection de la nouvelle église, ses
inscriptions enguirlandées de feuilles dans l'archivolte
de la grande entrée. Le pignon de la façade est fini en
degrés destinés à supporter des obélisques, des consoles
ou des statues.» Selon le même article, on apprend que
la statue de Sainte-Anne en façade serait l'œuvre de
M.T. Carli de Montréal. (L'Avenir du Nord, 18 juillet
1901)
Si selon cet article, on peut relier l'église de
Sainte-Anne-des-Plaines à la «Renaissance Allemande», on
peut surtout la situer dans la province, dans la foulée
de l'éclectisme qui a primé depuis la fin de la deuxième
moitié du XIXe siècle jusqu'en 1910 environ et dont elle
possède l'abondance de l'ornementation en façade et la
pierre à bosses sur ses murs latéraux et arrière. Or elle
présente une ornementation qui lui est propre et qui ne
peut être comparée à ce qu'a fait, par exemple, la firme
Perrault & Mesnard à la même époque dans la région. Venne a d'ailleurs été associé à cette firme jusqu'en
1896 et Sainte-Anne-des-Plaines serait un des premiers
lieux de culte qu'il réalisera seul. Il la concevra
avant son départ pour Rome et l'Europe en 1900 où il
compte faire une «mise à jour» de ses connaissances et
bien qu'on y remarque certains traits qui seront
récurrents, on constate que l'église de
Sainte-Anne-des-Plaines n'a pas son pareil dans sa
production d'après 1900. Seule peut-être l'église
Saint-Enfant-Jésus-du Mile-End, dont il referait la
façade en 1902-1903, partage certains points tels que
l'organisation pyramidale et l'ornementation qui s'y
superpose. Il n'est d'ailleurs pas possible de savoir si
la façade de Sainte-Anne-des-Plaines n'a jamais reçu les
statues qu'on prétend qu'elle accueillera sur son pignon
dans l'article cité plus haut. Comme détails
récurrents
dans sa production ultérieure on peut sinon mentionner
la largeur des fenêtres et les meneaux qui les
quadrilleront ou encore les portiques latéraux et les
escaliers qui seront insérés dans des absidioles à pan
coupés.
Mis à part des bulbes qui ornent ses clochers et
clochetons, l'église de Sainte-Anne-des-Plaines se
caractérise par la largeur de son transept qui n'a
d'égal que la longueur de son chœur. Venne fait ici une
utilisation judicieuse de l'acier pour la charpente qui
lui permet l'ouverture d'immenses baies en hémicycle à
chaque extrémité des bras du transept ou encerclant
l'abside du chœur. La grandeur de ces fenêtres compense
pour la largeur des volumes et le bâtiment ainsi composé
ne paraît probablement pas aussi monumental à l'œil
qu'il ne l'est vraiment.
Intérieur
L'intérieur de cette église porte les stigmates des
différentes restaurations au niveau de sa voûte. On
remarque qu'à mi-hauteur, à partir des chapiteaux des
colonnes jusqu'au plancher, moins de changements ont été
apportés. La chaire autrefois située du côté droit de la
nef a aujourd'hui été réutilisée en ambon. Le
maître-autel a été dépouillé d'une partie de son
ornementation qui s'est vue distribuée afin de garnir le
chœur. Les éléments architecturaux sont néanmoins
toujours en place. Les tribunes courbées qui permettent
d'accueillir un plus grand nombre de fidèles modulent
l'espace du lieu dont la décoration est dominée par les
anges et les dorures qui ornent les colonnades. Les
bancs d'origine sont en place et le plancher toujours en
lattes sous les bancs et dans le chœur. On remarque le
jeu des arcs: tandis que les ouvertures sont en plein
cintre elles sont prolongées par des arcades ogivales
dans la voûte. De même des arcs doubleaux en plein
cintre dans la travée centrale sont substitués par une
croisée d'arcs ogivaux au niveau du transept: les
segments partant de chacun des quatre coins de la
croisée du transept vont se rejoindre en son centre,
au-dessus de la nef, sous une moulure rayonnante datant
du décor d'origine. Cet agencement d'arcs était
particulièrement mis en valeur par la décoration de la
voûte tel qu'on peut le remarquer sur une photographie
d'époque.
Un premier décor peint aurait effectivement été réalisé
lors de la construction de l'église. On sait que Toussain-Xénophon Renaud aurait travaillé à l'église de
Sainte-Anne-des-Plaines, on ne sait s'il avait réalisé le
décor de la voûte à l'époque. Ce qui nous est permis de
voir présentement est cependant l'œuvre exécutée par
Georges Chalifoux en 1950-1951. On aurait procédé à des
travaux de peinture en 1986, mais tel qu'on peut
l'apercevoir sur des photographies de l'époque, il ne
s'agissait pas de retrouver le décor d'origine.
Un premier orgue est acheté en 1836 au coût de 1000 $.
Il est cependant détruit dans l'incendie de 1843. On
rachète un second en 1870 qui sera donné en échange à Casavant Frères lors de l'acquisition d'un de leurs
orgue pour la nouvelle église en 1902. On achève
l'installation du nouvel orgue le 25 janvier 1903.
Avec l'aimable
autorisation de la
Fondation du Patrimoine religieux du Québec
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