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Sommaire
historique
La paroisse de
Sainte-Thérèse a été fondée en 1789. La première
concession de terre dans la seigneurie de Blainville
remonte cependant à 1740. Les premiers colons
arrivaient principalement de Terrebonne et de l'Île
Jésus. Après des résistances des résidents du
secteur de Grande Côte, les habitants de la rivière
aux Chiens entreprirent finalement la construction
d'un premier presbytère chapelle en 1788-1789 sur un
terrain donné par Jean-Louis Delage. Cette première
chapelle servit jusqu'en 1807, date à laquelle une
église en pierre au plan en croix latine fut
construite. Cette église subit un agrandissement en
1862-1863 et fut finalement détruite par un incendie
le 6 janvier 1885. Elle se situait à quelques mètres
au nord du lieu de culte actuel. «On sauve de
l'incendie de 1885 quelques vases sacrés, des
ornements sacerdotaux, les chandeliers des autels,
et une statue de la Vierge encore préservée».
Une chapelle temporaire en bois fut construite afin
de servir aux besoins du culte durant la
construction de la nouvelle église. La chapelle du
cimetière actuelle de Sainte-Thérèse aurait été
construite à la même époque que l'église dans la
foulée des efforts du curé Charlebois pour embellir
le cimetière. L'église actuelle constituerait donc
le second lieu de culte sur le site, si l'on fait
exception de la chapelle temporaire. Le curé
Charlebois est à la tête de la paroisse lors de la
construction de la nouvelle église selon les plans
de la firme Perrault et Mesnard et se charge de la
commande des cloches à la Maison Chantaloup en 1885. Victor Leguerrier (1823-1902), forgeron, maire de la
municipalité de Sainte-Thérèse et conseiller
ministériel d'Adolphe Chapleau lorsque ce dernier
fut premier ministre de la Province de Québec entre
1879 et 1882, était alors marguillier en charge lors
des travaux. L'église actuelle fut ouverte au culte
à Noël 1887. Elle fut consacrée le ler juin 1889.
La partie centrale du séminaire (cégep Lionel
Groulx) est construite en 1883 selon les plans des
architectes Poitras et Roy pour remplacer le
séminaire de 1846 qui avait été incendié et qui
avait lui-même remplacé le premier séminaire fondé
par le curé Charles-Joseph Ducharme et issu de la
transformation du premier presbytère. L'oratoire-chapelle
Saint-Joseph inauguré en 1888 et situé en arrière de
l'église en face du cégep pourrait être une
réalisation des mêmes architectes. Cette structure
accueille d'ailleurs la sépulture du curé Ducharme. En 1913, eut lieu, à Sainte-Thérèse, un important
congrès eucharistique qui marqua la communauté
paroissiale. L'église Sainte-Thérèse-d'Avila est
citée monument historique depuis 1987.
Observations
générales
Extérieur
Cette église se démarque
dans le paysage régional par l'élan de son clocher
ouvragé recouvert de tôle qui donne un mouvement
vertical au bâtiment. La composition de ce lieu de culte
comporte des éléments d'inspiration néo-romane
(meurtrières, baies jumelées) et se caractérise par sa
façade qui est la véritable signature régionale de la
firme d'architectes Perrault et Mesnard: tour centrale
en saillie surmontée d'une flèche élancée avec tourelles
d'angles surmontées de clochetons, composition
réutilisée à quelques reprises (Saint-Lin,
Saint-Charles-Borromée de Joliette, L'Annonciation
d'Oka). L'utilisation contrastée de la pierre de taille
et de la pierre à bosses est accompagnée d'une riche
ornementation de pierre de taille qui vient souligner
les lignes architecturales et font de ce bâtiment un
témoin du courant de l'éclectisme qui caractérise
l'architecture religieuse québécoise à la fin du XIXe
siècle. L'église se distingue également par ses
nombreuses ouvertures en hémicycle au niveau des deux
registres du bâtiment. La composition et la fenestration
de l'abside constituent des éléments uniques dans le
corpus régional.
Le secteur environnant l'église se démarque par la
qualité des bâtiments qui concourent à donner au vieux
village son aspect de centre historique régional qui
s'est développé plus rapidement à partir du milieu du
XIXe siècle, entre autres, grâce à l'avènement du chemin
de fer et au dynamisme des institutions religieuses
mises sur pied suite à l'impulsion donnée précédemment
par le curé Charles-Joseph Ducharme. L'ensemble
institutionnel de Sainte-Thérèse, avec l'ancien
séminaire devenu le cégep Lionel-Groulx, l'église, le
presbytère de 1925, le couvent de 1917 transformé en
hôtel de ville et l'ancien couvent des religieuses de la
Congrégation Notre-Dame, témoigne de l'âge d'or de
l'Église catholique au Québec. L'implantation de
l'église en retrait de la rue et sur un terrain surélevé
contribue encore à accentuer la verticalité du lieu. Le
cégep bénéficie d'une reconnaissance du gouvernement
provincial alors que l'église a été pour sa part citée
monument historique en 1987 par la même instance.
L'ancien séminaire (cégep Lionel-Groulx) a été construit
selon les plans de Victor Roy et Jean-Roch Poitras et
agrandi en 1951, selon les plans des architectes Joseph
Sawyer et Henri Labelle. L'ancien séminaire a un statut
de reconnaissance comme Monument Historique, comprenant
la petite chapelle-oratoire de Saint-Joseph, construite
en 1886, située devant la façade principale de l'ancien
séminaire. Elle abrite la sépulture de l'abbé
Joseph-Charles Ducharme, fondateur du séminaire et 6e
curé de Sainte-Thérèse.
Intérieur
Les architectes Perrault et Mesnard seraient aussi
responsables de la réalisation du décor intérieur. En
1887, «la chaire, le baldaquin et le grand lustre sont
installés dans l'église [...] La petite galerie du
niveau supérieur, emprunte sa forme aux galeries des
cathédrales européennes, que l'on appelle «galerie des
lépreux». Un chemin de croix aurait été érigé dans
l'église dès 1888. L'électrification du lieu survient en
1906. Des verrières auraient été installées dans les
fenêtres de la partie supérieure du sanctuaire en 1911. La soufflerie électrique pour l'orgue est
installée la même année. En 1913 sont effectués
plusieurs travaux importants dans l'église:
les tribunes du transept sont construites, celle de
l'orgue agrandie. La décoration de l'église aurait aussi
été touchée à cette époque ainsi que le baldaquin. Des
travaux de peinture aurait également été réalisés. Il se
peut que la polychromie que l'on peut voir entre autres,
sur les colonnes à partir de photographies anciennes
puisse avoir été réalisée à cette époque. Les vitraux
des fenêtres inférieures de la nef auraient également
été installés en 1913 tout comme la lampe du sanctuaire
qui se trouve toujours dans le lieu.
En 1937, des confessionnaux sont installés dans la nef.
En 1950, une nouvelle balustrade en marbre et fer forgé
remplace celle de bois qui datait de 1887. Les
gicleurs auraient été installés dans l'église en 1956.
La chaire est enlevée entre 1960 et 1966. En 1964, le
baldaquin au-dessus du maître autel est démoli. «L'ange
au-dessus du tabernacle, donc sous le baldaquin, une
œuvre d'Olindo Gratton, est disparu». En 1965,
surviennent finalement les travaux les plus importants
qui transforment complètement le décor intérieur: «on
change l'autel majeur, l'autel de la sainte Réserve. On
pose des tuiles sur le plancher, un grillage à l'arrière
de l'autel majeur. On acquiert la croix actuelle
au-dessus du maître autel. On pose du tapis dans le
chœur». Finalement en 1966, la fabrique acquiert
un nouveau tabernacle. Le décor actuel se compose donc
d'éléments architecturaux datant de la construction
d'origine (colonnes, chapiteaux, arcatures et
ornementation de la voûte), mais intègre aussi des
éléments résolument modernes (balustrade de marbre et
fer forgé, mobilier liturgique au lignes minimalistes et
plancher de tuiles posées de façon à former des motifs
géométriques) datant des années 1960. L'orgue d'Eusèbe
Brodeur reconditionné par Casavant et Frères occupe
toujours une place primordiale à la tribune arrière et
constitue un élément majeur du décor intérieur. L'orgue
a subi une autre modification en 1970 par Caron. Selon
l'inventaire de l'orgue réalisé en 1986 pour le compte
du ministère des Affaires culturelles du Québec,
«l'orgue de Brodeur fut l'un des plus importants de la
région pour ses dimensions. L'orgue actuel possède
encore aujourd'hui de bons éléments de Brodeur et de Casavant Frères. Cet instrument présente un intérêt du
fait qu'il traduit le travail de ces deux facteurs et
parce qu'il constitue un orgue d'esprit romantique très
bien fourni» (Voir Leslie-Martin Young en
bibliographie).
La statue de la Vierge, réalisée en carton pressé par
les Sœurs Grises de Montréal en 1845 et sauvée de
l'incendie de 1885, se trouve dans l'extrémité sud du
transept. Selon les informations contenues dans la
fiche du macro-inventaire des biens culturels datant de
1977, le sculpteur thérésien Olindon Gratton aurait
réalisé la sculpture de sainte Thérèse en 1885. Le même
document mentionne un chandelier pascal réalisé par René
Saint-James vers 1800, élément qui aurait probablement
été sauvé également de l'incendie.
Avec l'aimable
autorisation de la
Fondation du Patrimoine religieux du Québec
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