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Sommaire
historique
En 1774, un presbytère
est érigé sur un terrain offert quatre ans
auparavant par le seigneur Louis-Eustache Lambert
Dumont. Ce petit bâtiment servant également de
chapelle pour l'office divin sera utilisé jusqu'en
1783 à titre de lieu de culte, mais 1818 comme
presbytère. En 1779, les syndics sont élus pour la
construction de la nouvelle église. Des contrats
sont passés l'année suivante avec Augustin Grégoire,
maçon de Montréal et Joseph Dufour dit Latour,
maître-charpentier de Lavaltrie. Les travaux
s'échelonneront ainsi de 1780 à 1783.
L'église construite en 1780 fut érigée selon un plan
traditionnel, communément appelé à la jésuite ou
croix latine et se terminant par une abside en
hémicycle. Faute de source, l'identité de
l'architecte demeure inconnue. Selon la
conservatrice Agatha Lopez, l'hypothèse qu'il puisse
s'agir d'une interprétation par un entrepreneur du
plan jésuite déjà largement diffusé est également à
considérer. Le clocher, à double lanterne, était
situé au faîte du toit et trois portes permettaient
l'accès par la façade principale. À noter également
la présence de deux fenêtres et d'un œil-de-bœuf
au-dessus du portail.
Dès 1790, des travaux de réfection sont nécessaires
au niveau du plancher et en 1797, c'est le
revêtement de bardeau du toit qui fait l'objet d'une
réfection. En 1819, Pierre Poitras,
maître-charpentier et couvreur et Nicoleurs Kinsleur,
maître-charpentier vont s'employer à ériger une tour
et un nouveau clocher sur le coin gauche de la
façade, remplaçant l'ancien situé au faîte du toit. Ses artisans vont également
œuvrer à la
construction du nouveau presbytère.
En 1820, Louis-Amable Quévillon et René Saint-James
sont sollicités afin d'orner l'intérieur de
l'église. Les travaux qui s'échelonneront jusqu'en
1824 comprennent la réalisation d'un nouveau
plancher dans le sanctuaire, d'une balustrade, de la
voûte et de son ornementation, de nouveaux retables
pour le chœur et les chapelles, de sculptures, de
l'ornementation de la chaire et du banc d'œuvre, la
consolidation des tribunes et les doter de bancs et
d'escaliers, la finition avec une corniche tout
autour de l'église et finalement, la dorure et
l'argenture de différents ouvrages.
En se fiant à un plan reconstitué, on peut y voir
qu'un chemin couvert est aménagé en 1820 sur le côté
latéral droit, le long de l'abside. L'église peut
ainsi être le foyer de célébrations en vue de
l'érection canonique de la paroisse de
Saint-Eustache en 1825.
Devant une population grandissante et des travaux
antérieurs effectués de façon maladroite, le curé
Jacques Paquin voit la nécessité d'allonger son
église par l'avant. Les travaux s'effectuent donc de
1831 à 1833. En échange de ce sacrifice onéreux
effectué par les paroissiens, le curé promet la
construction à ses frais d'un couvent, ce qui sera
fait en 1833. On démolit ainsi le clocher érigé
quelques années auparavant pour agrandir l'église de
28 pieds par l'avant. La façade est du coup
complètement refaite. Deux tours sont érigées aux
extrémités de la façade, lesquelles se voient
surmontées de clochers à double lanterne recouverts
de fer blanc. Sur cette façade en pierres de taille,
deux entablements, d'ordre dorique et ionique,
semblent soutenus par douze pilastres. À noter
également que la toiture aurait pu être recouverte
de fer blanc à la même époque. Le contrat d'abord
accordé à François Labelle, maître-maçon, sera par
la suite attribué à Joseph Robillard, maître maçon. François Parizeau, maître charpentier
œuvrera
également aux rénovations de 1831-1833. Aucun
architecte n'a officiellement exécuté les plans de
ces travaux, mais l'historienne Raymonde Gauthier y
voit peut-être la marque de John Wells par la
composition monolithique de sa façade.
Observations
générales
Extérieur
Suite aux incidents de 1837,
les dommages subis sont considérables pour le patrimoine
bâti de la paroisse. Victimes des flammes, le presbytère
est une perte totale et le couvent est lourdement
endommagé. Quant à l'église, seuls la façade et les murs
sont toujours en place.
En 1841, un contrat est accordé à Moyse Olier pour les
travaux de charpente, de couverture, des portes et
fenêtres. L'année suivante, un contrat de maçonnerie est
établi avec Joseph Robillard pour réparer le portail et
les tours de l'église. Selon Raymonde Gauthier,
l'architecte John Ostell pourrait avoir dressé les plans
de restauration.
En 1845, on procède à la reconstruction du presbytère.
En 1852, le crépi des murs extérieurs de l'église fait
l'objet d'une réfection.
En 1895, la fabrique juge qu'il faut à nouveau
reconstruire le presbytère. Trois ans plus tard, en
1898, le nouveau couvent est à son tour inauguré.
D'autres travaux majeurs ont lieu en 1905. D'après les
plans de l'architecte Joseph Sawyer, on agrandit les
murs latéraux, joignant ainsi les tours aux bras du
transept. À la jonction de la maçonnerie ancienne du
transept et des murs nouveaux, on élève deux
contreforts.
La sacristie datant de 1783 est démolie pour en
reconstruire une nouvelle. On aménage également à la
droite de l'abside, la chapelle Sainte-Anne et procède à
la reconstruction des lanternes des clochers. Un fronton
est placé au sommet de la corniche en façade afin de
masquer le toit qui vient d'être haussé. On pose
également sur le socle triangulaire une statue de
saint Eustache, œuvre d'Olindo Gratton. Le contrat pour
ces travaux est accordé à l'entrepreneur Boileau et
frères. En 1930, M. Hormisdas Pilon se voit octroyer un
contrat pour des travaux de peinture au niveau de la
toiture et des clochers. En 1948, on procède à la
construction d'une salle paroissiale attenante à la
sacristie et à l'abside. L'année suivante, on procède à
l'installation d'un nouveau carillon comprenant quatre
cloches fondues par la maison Cornille de Villedieu en
Normandie. Le bourdon s'écrasant avec fracas au sol lors
de son installation, il fallut attendre 1951, une fois
le bourdon refait pour entendre le son de l'ensemble du
carillon. En 1957, on refait la peinture de la toiture
«en aluminium». Par le fait même, on effectue des
travaux à la toiture de la sacristie en l'ajustant au
niveau du toit de la salle paroissiale.
Quelques travaux de réfection et d'entretien eurent lieu
depuis quelques années. En 1997, des travaux de peinture
sont effectués au niveau de la fenestration et des
clochers. En 2000, on procède à la réfection du bourdon
qui est fissuré et au système électrique du carillon. D'autres travaux de réfection surviennent en 2002, au
niveau de la maçonnerie, de la toiture et des clochers.
L'église a été classée comme monument et lieu historique
en 1970, d'après la résolution de la Commission des
monuments historiques du Québec (réf: Ministère de la
Culture et des Communications, Direction Laval,
Lanaudière, Laurentides, dossier 14216-15 001333). En
1977, une aire de protection a été délimitée autour de
l'église de Saint-Eustache par l'ancien Ministère des
Affaires culturelles, conformément à la loi sur les
Biens culturels (réf: Ministère de la Culture et des
Communications, Direction Laval, Lanaudière,
Laurentides, dossier 14222-15 001362).
Intérieur
Suite aux événements du 14 décembre 1837, rien ne
subsiste de l'héritage artisanal de Quévillon et
Saint-James. On refait alors l'ornementation de
l'intérieur de façon progressive. Vers 1838, l'église se
dote de quelques éléments décoratifs. Un chandelier pascal,
œuvre de Vital Desrochers et six chandeliers
d'autels, dont deux sont l'œuvre d'un don de Dame
Dorion, sont intégrés au décor intérieur. Il est par
contre difficile de dater le reste du mobilier
liturgique, mais aussi, de leur attribuer un concepteur. On pourrait croire tout de même qu'il serait l'œuvre
d'Urbain Desrochers, le père de Vital Desrochers. S'apparentant au mobilier de l'église Sainte-Geneviève
de Pierrefonds par leur style, on peut présumer que le
maître-autel, les autels latéraux et la chaire actuels
ont été conçus à la même époque, vers 1844.
En 1845, on inaugure un nouvel orgue. Le curé Moreau,
successeur du curé Paquin, fait ériger en 1852 un
baldaquin au-dessus du maître-autel. Selon Claude-Henri
Grignon, on procède également, la même année, à la
construction de deux tribunes au-dessus des chapelles,
probablement situées au niveau des extrémités du
transept, tel qu'il est possible de l'observer sur une
photo de 1898. La voûte est également refaite avec sa
corniche ainsi que l'intérieur de la sacristie.
En 1867, on installe une nouvelle tribune afin
d'accueillir un nouvel orgue provenant de la maison
Brodeur.
En 1874, on obtient deux toiles, œuvres de l'Italien
Ippolito Zapponi. En 1890, on acquiert deux toiles de
Louis Vandandaigue Gadbois, peintre de Saint-Eustache.
Ces toiles sont accrochées dans le chœur depuis 1898
environ. Quatre autres toiles viendront se joindre aux
autres après les travaux de 1930. Deux sont d'auteur
inconnu et les deux dernières, commandées à T.-X.
Renaud, sont l'œuvre de Georges Delfosse et Narcisse
Poirier, deux peintres ayant travaillé avec Renaud.
Une grande partie du décor intérieur prend ses formes
actuelles avec les travaux de 1905, d'après les plans de
Joseph Sawyer. L'entrepreneur Boileau et Frères obtient
le contrat. Ainsi, avec l'agrandissement des murs
latéraux, un réaménagement de l'intérieur est
nécessaire. Séparant dorénavant les bas-côtés du
vaisseau central, une colonnade est installée à
l'endroit où trônaient les anciens murs. Par le fait
même, ces colonnes supportent la nouvelle voûte à
caissons. Les tribunes arrières vont être agrandies et
de nouveaux bancs seront installés.
En 1910, la fabrique fait appel à Casavant Frères pour
ajouter deux nouveaux jeux à l'orgue datant de 1867.
En 1929, surviennent d'autres travaux d'importance. L'architecte consulté est une fois de plus Joseph Sawyer. Pour l'intérieur, on accorde tout d'abord un contrat à
l'entrepreneur Eugène Duquette. Ce dernier se voit
attribuer la tâche de réparer les autels, d'agrandir la
tribune de l'orgue, d'effectuer la réfection des bancs
et des boiseries et d'installer un système électrique. Parallèlement à ces travaux, la soumission de
Toussaint-Xénophon Renaud est retenue pour effectuer un
nouveau décor peint. Ce dernier s'emploiera à orner la
voûte, le chœur, la sacristie et la chapelle
Sainte-Anne. Une partie de ce décor serait disparu à une
date inconnue, du moins dans la nef et le chœur, sous
une peinture monochrome beige.
En 1948, un ménage est effectué au niveau de la
sacristie et de la chapelle Sainte-Anne.
En 1954, d'autres améliorations sont apportées à
l'orgue. La maison Casavant Frères y ajoute d'autres
jeux et une nouvelle console.
Selon Béatrice Chassé, d'autres travaux de décoration
intérieure ont eu lieu en 1957. Gérard Morisset,
conservateur du Musée de la Province, présenta un devis
pour la décoration intérieure. M. Georges Chalifoux, de
Sainte-Scholastique, fut l'entrepreneur associé à ces
travaux. On ne connaît pas malheureusement la nature de
ceux-ci.
Avec l'aimable
autorisation de la
Fondation du Patrimoine religieux du Québec
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