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Sommaire
historique
La célébration du culte
aurait commencé à Saint-Philippe en 1840. Une
chapelle de brique aurait été construite par
l'entrepreneur Renaldo Fuller en 1855. Elle a
été utilisée jusqu'en 1889. Le bâtiment situé
à un coin de rue de l'église, existe toujours mais
est aujourd'hui transformé en commerce de détail.
Le terrain pour l'église actuelle a été vendu à la
fabrique en 1859. L'ordre pour la construction
n'a cependant été donné qu'en 1881 et on a dû
attendre encore sept années avant les débuts de la
construction.
Jusqu'à la
formation du diocèse de Saint-Jérôme, Saint-Philippe
faisait partie du diocèse d'Ottawa. Il s'agit
d'un village situé en bordure de la rivière des
Outaouais, entre Grenville et Lachute, aux limites
des régions Laurentides et de l'Outaouais à la
frontière de l'Ontario.
L'église de la firme
Perrault et Mesnard détonne de son environnement de
par son ornementation à l'extérieur et son clocher
qui ne sont pas sans rappeler le style roman.
Elle se situe en bordure de la route 148 au cœur de
l'ancien noyau villageois qui demeure assez modeste.
S'élèvent immédiatement à droite, un presbytère de
granit rose construit en 1901 puis une ancienne
écurie, derrière se trouve, le cimetière et ses
monuments et à gauche, une école primaire, datant
probablement des années 1980. L'environnement
constitué de terres agricoles contribue à faire
ressortir l'église apparaissant monumentale.
Historique des
modifications:
Un Sacré-Coeur a été
érigé devant l'église en 1918. On trouve aussi
non loin de là une croix d'acier dont on ne connaît
la date d'érection.
Il est mentionné qu'en
1940, le sommet du clocher aurait été modifié de
sorte que la croix qui s'y tient est moins élevée
aujourd'hui. Selon le répondant, on aurait
entièrement refait la toiture d'ardoise en 2000 en
remplaçant les tuiles d'origine. La pierre des
murs extérieurs aurait pour sa part été complètement
restaurée en 2002.
Observations
générales
Extérieur
Revêtement dominant des
murs:
Pierre
Remarque:
Pierres à bosses; seraient à restaurer,
particulièrement derrière la sacristie et le mur latéral
droit où les joints sont évidés; il y a aussi des
fissures au haut des murs.
L'église de Saint-Philippe
se distingue au sein du corpus des architectes Perrault
et Mesnard et pour les mêmes raisons qu'elle se
distingue aussi au sein des églises des régions de
Laval, Laurentides et Lanaudière. Sa façade est
composée d'une tour très large flanquée de tourelles
arrondies au-dessus desquelles est postée une balustrade
à ouvertures carrées. La tour centrale est aussi
ornementée de deux clochetons flanqués en son sommet.
D'autres tourelles parachèvent cette déclinaison de
superpositions, à chacun des angles de la chambre des
cloches. Ces dernières sont cependant carrées.
Elles sont coiffées, tout comme la chambre des cloches,
d'une toiture qui pourrait être qualifiée d'ogivale à
base carrée.
Le portail impressionne par
sa largeur et son ornementation. Deux portes
doubles sont séparées par un trumeau auquel est
superposé un linteau où l'on peut lire: Hic Domus
Dei et Porta Coeli. À ce linteau succède un autre
où se trouve l'inscription «A.1888.D». Cet
ensemble est encadré par un voussoir en plein cintre
double, lui-même cintré par un cordon de pierre qui se
prolonge horizontalement à partir du bas de l'arc vers
les angles de la façade.
De la tour centrale partent
vers le bas les pentes du toit qui se terminent par deux
lucarnes aveugles. À ces portions de mur que l'on
pourrait croire abriter des portiques latéraux, sont
plutôt accolés des contreforts.
Les ouvertures du lieu sont
pour la plupart en forme d'hémicycle, sauf pour les
meurtrières de la façade. Les fenêtres des murs
latéraux sont étonnamment petites et peu nombreuses, ce
qui devait cependant accentuer l'effet dramatique du
décor peint à l'intérieur. On peut remarquer la
présence de fenêtres logées dans la partie supérieure du
mur pignon derrière la sacristie.
Le toit du lieu, tout comme
la base carrée de la tour, est entièrement recouvert
d'ardoise. Si le répondant affirme que le toit
aurait été refait en 2000, nous sommes d'avis que la
tour n'a pas alors été touchée puisque ses ardoises
donnent des signes d'érosion par le vent et la pluie.
Les murs sont constitués de
pierres à bosses que l'on suppose être de la pierre
locale ou du moins, du granit de Brownsburg. Le
rejointement de la pierre aurait été complètement refait
en 2002. Cependant on peut supposer qu'en fait
seule la façade aurait été restaurée puisque les murs
latéraux présentent l'évidement de certains joints ainsi
que des fissures au haut des murs.
Le parvis de ciment serait à
refaire: les marches sont fissurées et les rampes
se détachent de leur point d'ancrage. Les
cheminées, une de pierres et l'autre de briques,
seraient à consolider. Les boiseries (soffites,
corniches...) seraient à restaurer, particulièrement
derrière la sacristie. Le portique du côté droit
n'est pas d'origine.
Intérieur
L'intérieur du lieu est
dominé par le décor peint réalisé par François-Édouard
Meloche entre 1888 et 1891 environ. Ce décor avant
tout géométrique plutôt qu'historié, couvre l'entièreté
du lieu. De tels motifs se marient parfaitement
aux formes circulaires des ouvertures et des modillons
qui rappellent davantage la mosquée ou les temples
byzantins.
L'église de Saint-Philippe
figure au sein des lieux de culte les mieux conservés et
les plus achevés de F.-E. Meloche. Probablement
suite au concile, le mobilier du lieu a été modifié; le
plancher est présentement recouvert de tuiles de
vinyle, les bancs sont de facture moderne tout comme le
tombeau de l'autel.
Avec l'aimable
autorisation de la
Fondation du Patrimoine religieux du Québec
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